Les anthracyclines, des anticancéreux, isolées à partir de micro-organismes, utilisées principalement dans les leucémies myéloblastiques et dans les leucémies lymphoblastiques aiguës (1). Un certain nombre d’effets indésirables obesrvés, notamment cardiaques, limitent leur utilisation.

     Les anthracyclines peuvent produire une toxicité aiguë et transitoire de la fonction cardiaque caractérisée  par des anomalies à l’ECG (troubles du rythme cardiaque, allongement de l’espace QT le plus souvent    sans traduction clinique), associés parfois à des troubles électrolytiques (hypokaliémie et hyponatrémie) qui doivent être corrigés. Les anomalies sont généralement réversibles (1) (2). Les anthracyclines peuvent aussi induire une toxicité chronique (liée à des doses cumulatives)  à type d’insuffisance cardiaque congestive retardée, irréversible, parfois mortelle. Une insuffisance cardiaque tardive peut survenir jusqu’à 18 ans après un traitement par anthracyclines (1).

     La cardiotoxicité est un effet indésirable majeur à l’origine d’une limitation de l’utilisation des anthracyclines, comme la doxorubicine et la daunorubicine. Des médicaments dérivés ont été mis au point dans le but de réduire la cardiotoxicité : l’acarubicine, l’épirubicine, idarubicine, la mitoxantrone et la pixantrone. Cependant, bien que cette stratégie ait rencontré un certain succès, tous ces composés présentent un certain degré de cardiotoxicité (1).

Certains facteurs peuvent augmenter le risque de toxicité notamment:

  • Doses cumulatives totales ;
  • Schéma posologique : des doses uniques élevées peu fréquentes sont plus cardiotoxiques que des doses plus faibles et plus rapprochées, ce qui suggère que la cardiotoxicité est liée aux pics de concentration sanguine ;
  • Ages extrêmes (enfants, patients âgés) ;
  • Antécédents de radiothérapie thoracique ;
  • Antécédents de maladie cardiovasculaire à type d’insuffisance cardiaque classe III ou IV augmente le taux de mortalité ;
  • Autres facteurs de risque tels que : hypertension, hépatopathie, hyperthermie, et trisomie 21 (1).

Prévention de la cardiotoxicité des anthracyclines :

     Une surveillance clinique et paraclinique est nécessaire avant toute utilisation d’anthracyclines notamment :

-ECG : la plupart des modifications sur l’ECG ne sont pas prédictives de la cardiotoxicité, qui peut survenir  sans celles-ci. Cependant une réduction persistante de la tension de l’onde QRS indique généralement la nécessité d’effectuer d’autres tests.

-Echocardiographie ou angiographie isotopique : utile pour prédire le développement d’une cardiomyopathie, mais peut donner des résultats normaux. La sensibilité peut être améliorée avec les tests d’efforts physiques. La mesure de la fraction d’éjection ventriculaire gauche (FEVG) est fréquemment utilisée pour l’évaluation de base, puis à intervalles réguliers par la suite.

-Imagerie à l’antimyosine à l’indium-111 : détecte une absorption cardiaque anormale à cette substance radioactive qui peut être observée même en l’absence de changement de la FEVG et peut être prédictive d’une chute imminente de la FEGV. Cette technique est très sensible.

-Biopsie endomyocardique : indicateur le plus sensible, mais technique invasive et encore peu disponible (1).

Conclusion :

     Les anthracyclines peuvent être à l’origine d’une toxicité cardiaque redoutable limitant leur utilisation ; cependant lorsque leur utilisation est nécessaire, une surveillance cardiaque plus étroite est indispensable avant, pendant et après traitement.                                                                                                                                                                                                         

Références bibliographiques :

  • (1) Martindale, The Complete Drug Reference ; ''Antineoplasics ; daunorubicin, doxorubicin citrate'' ; 38th Edition, 777, p. 783 ; disponible sur le site http : //www.medicinescomplete.com/3./content/martindale/21514-e.21035-t.
  • (2) Vidal ; ''Daunorubicine ; effets indésirables ; toxicité cardiaque'' ; 92ème Edition, p. 477.

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