Du rôle des ONG dans l’accès et le bon usage des médicaments

Le droit à la santé est applicable à tous les hommes et particulièrement aux groupes vulnérables ou marginalisés. L’égalité doit se traduire par un meilleur accès aux médicaments et aux soins pour tous, sans aucune discrimination de race, de sexe, ou bien d’appartenance religieuse ou sociale, le droit au traitement est indissociable de la disponibilité des médicaments essentiels nécessaires à l’accomplissement des actes thérapeutiques. Quels sont les principaux obstacles à l’accès aux médicaments essentiels ? Quelle est leur disponibilité à l’échelle locale, régionale ou nationale ? Qui doit financer leur achat ? Quelle est la qualité de ces médicaments ? Quelle est la performance du système de santé dans le cadre duquel ils seront prescrits ? Les médicaments essentiels doivent répondre à quatre objectifs : une sélection et un usage rationnels, un coût supportable par le malade, un financement continu pour leur acquisition, et une fiabilité du système d’approvisionnement. Ce sont les objectifs fixés par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) en 2003. Existe-t-il une relation entre le revenu des nations et leur liste de médicaments disponibles ? L’Iran par exemple est un pays riche, aux ressources extraordinaires, mais ne possède que 1530 médicaments, tandis que la Malaisie en a 24 000. Il n’y a donc pas forcément de lien entre la richesse d’un pays et la disponibilité des médicaments. L’usage des médicaments est influencé par des facteurs socioculturels et économiques, ainsi que par l’organisation du système de santé. Les médicaments cités dans la liste de l’OMS ont fourni la preuve de leur efficacité, de leur innocuité et de leurs coûts adaptés aux ressources financières limitées des pays en développement. À l’OMS, la transparence est exigée des experts en session plénière avec tous les partenaires du médicament, et ils déclarent s’il existe un conflit d’intérêt avec la mission d’expertise qui leur est demandée à propos de médicaments à inclure sur la liste modèle des médicaments essentiels. Ce fait n’est pas coutumier est il faudrait parfois changer d’habitudes dans le travail d’expertise en vue de l’autorisation de médicaments à la mise sur le marché. Le rôle des ONG est de créer un environnement favorable pour favoriser les déclarations d’intérêts des experts évaluateurs lors des différentes sélections de médicaments dans les pays en développement, mais aussi dans les pays développés.

La bonne gouvernance en politique pharmaceutique que tous les états souhaitent, s’avère souvent difficile à mettre en application si la société civile n’apporte pas sa propre contribution pour défendre les intérêts supérieurs des malades. Le coût de la recherche des médicaments est de plus en plus élevé, mais le marché pharmaceutique devient de plus en plus conséquent (867 milliards de dollars US en 2002) donc suffisant pour impulser une recherche équitable pour les maladies qui frappent les pays riches et les pays pauvres. Il faut donc trouver des compromis, afin de rentabiliser la recherche pharmaceutique et de rendre les médicaments essentiels innovants accessibles aux plus pauvres, aux plus vulnérables et aux personnes handicapées. Les difficultés sont nombreuses, dans la mesure où le nombre de malades augmente, tandis que les financements en dehors du Sida, de la tuberculose et du paludisme, diminuent continuellement dans notre monde en manque de croissance économique. En outre, le rôle du secteur public se réduit de plus en plus du fait de la mondialisation et du désengagement progressif des États dans le financement des médicaments dans la plupart des pays. Les ONG doivent développer des dynamiques nouvelles à l’échelle communautaire pour améliorer l’accès aux médicaments essentiels des malades, tout en se rapprochant des donateurs, des institutions et des chercheurs des universités qui peuvent nous donner d’autres informations non disponibles parfois (en anthropologie, en santé, en traditions thérapeutiques efficaces, etc.…).

Les ONG doivent participer au processus d’identification des besoins en médicaments essentiels des populations à une échelle communautaire, par des conseils aux organisations internationales en vue d’améliorer la pertinence des dons en médicaments et du respect des principes directeurs de l’OMS en la matière. Elles doivent aussi par l’information et la formation continue des médecins, des pharmaciens, des infirmiers et des patients, favoriser l’usage rationnel des médicaments essentiels pour lutter contre le développement de résistances aux agents anti-infectieux et améliorer l’observance des traitements. Les laboratoires pharmaceutiques travaillent avec de nombreux partenaires publics ou privés, mais la priorité doit être donnée au secteur privé non lucratif. Les organismes internationaux d’approvisionnement et de dons font le lien avec les centrales d’achats étatiques à l’échelle nationale, mais rarement à l’échelle communautaire avec la population et les ONG peuvent apporter cette complémentarité qui est nécessaires et parfois vitale en cas de situations d’urgence.

En bref, les centres comme le nôtre participe au processus de mise en place et de suivi des normes internationales en matière de santé et de politique pharmaceutique. Les intérêts et les besoins de la population sont alors intégrés dans une meilleure gouvernance des affaires pharmaceutiques qui participent pour une large mesure dans une bonne gouvernance mondiale. Nous participons d’ailleurs, par la réflexion et les apprentissages que nous dispensons à la diminution des coûts des traitements en fonction des revenus des populations, en soutenant une politique en faveur du développement des génériques essentiels.

Notre objectif est en définitive de défendre la recherche et le développement orientés vers l’usage rationnel des médicaments essentiels existants tout en favorisant de nouveaux médicaments efficaces, avec un bon rapport efficacité - coût, et destinés aux malades souffrant de maladies négligées, rares ou orphelines, aux groupes vulnérables et aux patients handicapés.

The role of NGOs in the Access and Rational Use of Medicines

The right to health is applicable to all human beings, particularly vulnerable and marginalized groups. Equality needs to be translated into better accessibility to essential medicines and care for all, without discrimination based on race, sex, religious or social concerns. The right to treatment is indivisible from the availability of medicines necessary to therapeutic action .What is their availability on a local, national, and regional level ? Who is responsible for buying them ? What is the quality of the essential medicines ? What is the performance of the health care system whithin which they are prescribed ? The essential medicines need to meet four objectives : rational selection and use, affordability, procurement financing option, and reliable supply systems. These are the objectives established in 2003 by the World Health Organization (WHO). Does a relationship exist between the income of a country and their list of available medicines ? Iran, for example, is a rich country with extraordinary resources, but has only 1,530 medications, while Malaysia has 24,000. There is not necessarily a link between the wealth of a country and the availability of medicines. The use of medicines is also influenced by socio-cultural and economic factors, as well as the burden of diseases, the experience of the professionals and the health care organization. All of the medicines included in the WHO list have proved their efficacy, safety and cost-effectiveness. At the open session of the WHO experts meetings with partners, the experts declare whether or not a conflict of interest exists with all medication submitted to their expertise. Sometimes it is necessary to change habits for better transparency in the choice and selection of medicines approved for marketing and treatments. The role of NGOs is to intervene to improve the decision-making process with total clarity in developing as well as developed countries. The cost of medical research is also more and more expensive but at the same time the annual profit from the overall world medicines sales is also on the up (867 billion US dollars) which is enough to establish equitable research on diseases that affect both rich and poor countries. It is therefore necessary to reach a compromise to ensure that pharmaceutical research is profitable and medicines are made accessible to poor, vulnerable or disabled patients. The difficulties are numerous, considering that the number of illnesses is increasing and funding diminishing ever further, except for AIDS, tuberculosis and malaria, due to the slow down in economic growth. The role of the public sector is minimized as a result of the world’s globalization and many States progressively withdrawing their commitments to fund medicines. It is therefore important to establish vertical relationships between NGOs and other stakeholders such as donors, institutions, and universities who can provide input from other fields (anthropology, traditional practices, etc.). On the other hand, NGOs have to develop new community level dynamics in order to improve access to essential medicines for patients.

NGOs must participate in identifying he medication needs on a community level by monitoring the relevance of medical donations and the extent to which the principles defined by the WHO on the subject are followed.

They must also favor the rational use of essential medicines so as to prevent the development of resistance to anti-infective agents and improve compliance for patients with chronic diseases. This can be done through

increasing the awareness of, and training doctors, pharmacists, nurses and patients. Pharmaceutical laboratories work with a number of public and private partners, but priority should be given to non-profit making private organizations. International supply and donation organizations link to State procurement bodies, but rarely at community level. NGOs can develop this capacity, which can be vital in certain emergency situations.

Centers like ours participate in the process of formulating and implementing international norms concerning health and pharmaceutical policy. The interests and needs of the people are thereby integrated into good global governance of essential medicines. We also contribute to reducing the cost of treatment in relation to the income of the populations, while supporting policies for the development of essential generic medicines.

Our objective is in fact to defend research and development oriented towards the rational use of existing essential medicines and new, efficient and coest-effective medicines for people suffering from neglected, rare, or orphan diseases, and for other vulnerable or disabled groups of patients.

Pr. Abdelkader Helali Directeur général du Centre National de Pharmacovigilance et de Matériovigilance. Du Ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme Hospitalière, Algérie. Source : What futur for NGOs in the global governance ?. - DALLOZ /IRIS, Paris, 2008

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